Le débat autour de mon livre a (période oblige ?) davantage porté sur la Présidence de France Télé que sur la stratégie du Service Public. Subsidiaire par rapport aux télés commerciales privées ? En concurrence frontale par rapport à elles ? Quelle est la part de marché optimale à assigner à la télé publique ? Comment son rapport avec ses téléspectateurs est-il influencé ou même déterminé par son mode de financement ?
Le débat n’est pas clos, il est même à peine ouvert !
Les bonnes nouvelles de cette fin d’année sont d’abord les succès de la fiction française. Il est de bon ton de souligner que ses parts de marché baissent, que le genre n’a pas su se renouveler, que sur toutes les chaînes les prime-time de fiction française sont des points bas d’audience etc….
Les exceptions confirment certes les règles mais quand elles ne sont pas dues au hasard, elles enseignent aussi un chemin. En ce mois de décembre elles s’appellent Pigalle et Cartouche. L’une et l’autre ont connu à la fois un succès d’estime et un succès d’audience. L’une et l’autre sont originales dans la mesure où elles créent un univers singulier et peu souvent mis en scène, l’une et l’autre ont fait l’objet d’une écriture d’un haut degré d’exigence, une production attentive et soignée, une réalisation brillante et au service du film. La première sur Canal+ a eu un buzz remarquable, une grande satisfaction de ses abonnés – et sans doute la promesse de nouveaux abonnés -. L’autre a, sur France2, battu la série américaine de TF1…
Donc la fiction française n’est pas condamnée aux profondeurs du classement.
Pour que ces exceptions tracent un nouvel espoir, l’urgence est celle d’un vivier de jeunes auteurs, capables de traiter chaque sujet : savoir raconter et construire une histoire, savoir rendre des personnages attachants cela s’apprend, un peu dans des salles de classe (à l’anglo-saxonne) et beaucoup en s’exerçant, en faisant de la figure imposée. Seules les séries longues où de jeunes auteurs font leurs gammes en faisant vivre des personnages qui pré-existent, en adoptant des codes narratifs établis, enseignent aux jeunes auteurs cette pratique. Les séries longues ne sont pas seulement destinées aux spectateurs : elles sont d’abord indispensables au métier !
Enfin pour moi l’autre très bonne nouvelle de cette fin d’année est le démarrage de mon jeu quotidien Slam. Un jeu français inédit et original, qui mêle des définitions de mots (façon mots croisés) et des énigmes dont la réponse est toujours une lettre. Le degré de difficulté est variable (de « 100 en chiffre romains ? » à « au milieu de la Forêt ? »), astuce et humour sont toujours présents. Son jeune animateur Cyril Féraud, choisi après un casting large, sait rendre les règles du jeu claires, mettre les candidats à l’aise et charmer les spectateurs. En six semaines, il a réussi à augmenter de plus de moitié la performance de la case : tous les jours à 16h40 sur France3, et à 17h le samedi, plus de 10% du public vient jouer avec nous.
Là encore, créateur et producteur français font la preuve de leur talent et de leur professionnalisme. Avec le succès de Tout le monde veut prendre sa place chaque jour à midi sur France2, je crois que Effervescence, ma société de production, apporte un démenti aux chaines qui disaient être obligées d’adapter des formats de jeu étranger.
Cocorico, et vive 2010 !
La Netscouade
Bonjour Mme Harari, je suis actuellement étudiante à L'EFAP à Paris et j'étudie votre livre pour l'un de mes cours.Nous avons un dossier à créer sur la TNT, et nous devons poser des questions à des crédibles qui appartiennent au monde de la télévision.J'aurai souhaité savoir si cela vous dérangerez de m'accorder un peu de votre temps, par mail ou pourquoi pas lors d'une rencontre, pour répondre à quelques questions sur ce sujet.
Je suis désolée je ne trouvais pas de liens directs vers une adresse mail donc je vous laisse ce message en commentaire.
Je vous remercie par avance, en attente de votre réponse.
Mlle Massonnat Margaux
Rédigé par : Massonnat Margaux | 04.01.2010 à 14H40
Les séries françaises réalisent aussi de bonnes performances quand elles ne subissent pas la concurrence des séries américaines.
Votre livre est très bien fait. Il pose bien les termes du débat autour de la télévision public.
Rédigé par : Nicolas B | 10.01.2010 à 12H27
*télévision publique.
Rédigé par : Nicolas B | 10.01.2010 à 12H29
Madame Harari, bien le bonjour.
J'attends avec impatience le résumé la leçon inaugurale d'hier soir.
Je suis un auditeur de la bande de François Garçon, celui qui est ingénieur conseils.
Une bonne journée à vous.
Cordialement.
Pierre Lachaud
Rédigé par : Pierre Lachaud | 12.01.2010 à 10H59