La cagnotte de FranceTélévisions, les 70 Millions€ de recettes publicitaires qui, selon les informations qui circulent, dépassent les prévisions du budget, est-elle légitime ? Méritent-ils de conserver ces sommes ou bien l'Etat doit-il les récupérer, en diminuant d'autant le versement de 450M€ prévu pour compenser la suppression de la publicité après 20 heures ?
Ceux qui militent pour que l'Etat récupère ces sommes ont pour argument que FranceTélé avait sous-estimé ses recettes exprès, pour obtenir une plus grande subvention de l'Etat. Au moment où l'Etat compte ses sous, l'économie est tentante ! Les chaînes commerciales trouvent quant à elles que trop c'est trop : alors que leurs propres recettes publicitaires rentrent mal et sont inférieures aux prévisions, voilà que FranceTélé aurait le beurre de la subvention et l'argent de la pub ?
Pour avoir participé au calcul de la dotation, dans le cadre de la Commission Copé, je me sens impliquée dans ce dilemme. Cette cagnotte est elle née d'une sous-évaluation de la recette ou bien résulte-t-elle d'efforts commerciaux de la régie ? Est-elle indûe ou bien la juste récompense d'un succès, une sorte de vendre plus (de pub) pour gagner plus ?
Je me souviens parfaitement que, lorsque les prévisions avaient été faites, les responsables de la régie publicitaire nous avaient expliqué qu'ils ne pouvaient pas simplement soustraire le chiffre d'affaires réalisé après 20h du total 2007 pour calculer ce qui allait manquer. Ils affirmaient que les annonceurs présents à la fois dans les écrans de la journée et dans ceux du prime-time négociaient des "packages" et que privés du temps de prime time, le plus rare, ils paieraient moins cher le daytime. D'autre part, les chaînes commerciales jouant sur une rareté de l'espace consentaient des réductions de prix aux sociétés qui acceptaient de concentrer la totalité de leurs investissements publicitaires sur leur seule chaîne, ce qui allait faire fuir certains annonceurs des chaines publiques. Principe de prudence ? Surement pour partie.
Depuis nos réunions, deux changements sont intervenus qui l'un comme l'autre n'étaient pas prévisibles. D'une part, l'application de la directive SMA a levé la rareté de l'espace publicitaire à la télé (2éme coupure et heure d'horloge), et d'autre part la crise économique a provoqué un repli des annonceurs d'autant plus net sur les chaînes commerciales. Donc on peut faire le pari que ce sont pour partie des conditions exogènes qui ont invalidé la prévision.
Des efforts commerciaux nouveaux ? Appuyés sur des programmes plus performants ( je pense à mon jeu, cocorico !) et dont la différence par rapport à ceux des chaînes privés s'accroît, donc qui attirent des publics que l'on ne trouve pas ailleurs ? Ce critère justifierait que le service public conserve des recettes qu'il mérite !
Quelle est la part de prudence, la part de chance et la part de mérite ? Et si l'Etat décidait de couper la poire en deux, de laisser FranceTélé bénéficier de la moitié de la cagnotte ?
Et si on continuait à penser à la télé...
La Netscouade
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