France Inter a comme slogan : « écoutez la différence » alors qu’elle se trouve en concurrence frontale par rapport à Europe1 et à RTL, autres généralistes historiques, et qu’elle cherche et réussit à maximiser son audience. Invité contre invité, revue de presse contre revue de presse, chroniqueur contre chroniqueur, et pourtant on entend la différence : elle ne tient pas au genre, davantage à l’intention, au pourquoi des choix éditoriaux.
Pourquoi la radio publique n’a-t-elle pas à faire chaque jour la preuve de sa différence ? Elle la souligne dans sa communication, elle l’insuffle ici dans le ton d’une chronique, là dans le choix d’un animateur, mezzo voce mais on l’entend.
Pourquoi cette différence est elle davantage un enjeu dans la télévision ? Sans doute les enjeux économiques antagonisent-ils à l’extrême l’ardeur de la compétition. A quoi doit ressembler cette différence ?
Pendant quelques années elle a consisté à refuser toute téléréalité. Slogan simple et radical : « pas de ça chez nous ». Ainsi France Télévisions s’est elle coupée d’écritures modernes comme Le Dîner (aujourd’hui sur M6) ou encore Vis ma vie (immersion) en jetant le bébé avec l’eau du bain : confondant le refus de l’élimination et des votes ou encore une éthique discutable, avec la possibilité pour de vrais gens d’émerger dans leur authenticité.
Ensuite la question de la subsidiarité a été posée : ne pas trouver sur le service public ce qui pourrait être sur une chaîne privée ? cela voudrait dire couper le service public de ce que le public aime ? difficilement concevable !
Vingt ans d’écoute de groupes de spectateurs réunis par dizaine pour un « quali », une appréciation qualitative de tel ou tel programme, m’ont convaincue d’une attente de la part des spectateurs : éprouver le sentiment qu’il leur « en » reste quelque chose. Aussi bien d’avoir appris, d’avoir ressenti quelque chose qui leur donne l’impression de n’avoir pas perdu leur temps. Par exemple pour mon jeu, « Tout le monde veut prendre sa place », en concurrence directe avec un jeu sur TF1, sans doute est ce la différence : la double satisfaction en participant à un quizz, de savoir répondre à certaines questions et d’apprendre les réponses qu’on ignorait. Aux chaînes, aux producteurs, de se poser la question de ce plus qui sera cette « satisfaction bonus ».
Chaque media, qu’il soit un journal, une radio ou une télévision, noue une relation particulière avec son lecteur-auditeur-spectateur : une promesse, une rencontre, une confiance réciproque. Vis-à-vis de la télévision publique la question de la reformulation de ce bonus est aujourd’hui posée.
Merci de continuer à regarder la télé
SH
La Netscouade
Vous comparez la télévision publique en général et France Inter, soit un média avec un groupe de média. Oui pour la création de cette relation que vous appelez de vos voeux, mais pour cela il faut construire par le média ou pour chaque média la relation dite d'affinité. Je plaide incidemment sur une différenciation plus marquée des offres ou promesse de chacun des média du service public. Ce n'est pas ce qui est fait aujourd'hui, il y a confusion entre la marque ombrelle (france TV) et les marques indivisuelles. Le tour de France en est un exemple, l'avantage concurrentiel de France TV de disposer de trois réseaux nationaux analogiques et d'un réseau national numérique (TNT) fait qu'il saupoudre l'offre tour de france sur tous ces canaux. Qu'une grande généraliste de l'évènement demeure et que soient plus segmentées les autres canaux par des identités plus construites (F3 et F4 surtout) l'offre de F5 étant à peu près cohérente.
Bien à vous.
Rédigé par : LEROUGE | 09.07.2008 à 17H11
Ne pensez-vous pas que la différence se génère grâce à une capacité à transposer à la production audiovisuelle des méthodes et des processus de Recherche & de Développement industriel ?
"Ecoutez la différence", certes, mais laquelle ? Je m'ennuie face à mon écran de télévision : il y a plus de talents, de nouveautés, d'effervescence sur le web, que sur nos écrans. Il n'y a pas, ou si peu, de "découvertes" et encore moins de synergie de des nouveaux talents. Et je regarde (presque...) plus les émissions que j'aime sur le web, que dans les rendez-vous pré-établis et imposés... De solutions alternatives, la diffusion internet devient ce que l'enregistrement en vidéo K7 était : une chaine virtuellement en plus.
Quelle attente ? Quel désir ? Mais pour susciter cela, il faut cliver, et non rassembler le plus largement possible en annihilant les différences. On peut attendre la suite des Soprano, ou de The West Wing - mais pas de Jopéphine Ange Gardien. A ce propos, j'ai vu que NT1 va diffuser The Shield - peut-être est-ce cela la fin de la télévision : une parcellisation des modes de diffusion et des publics. La Longue traine appliquée à l'audiovisuel...
Je suis certains que nous vivons des bouleversements dans la culture en général, et dans l'audiovisuel en particulier comparable à l'époque de la prospection pétrolière. Et pendant que Hollywood relance la diffusion 3D, nous, en France, nous nous passionnons pour savoir qui va remplacer Patrick de Carolis. C'est marrant, mais ça n'a que peu d'intérêt...
Vous dites : "Chaque media, qu’il soit un journal, une radio ou une télévision, noue une relation particulière avec son lecteur-auditeur-spectateur : une promesse, une rencontre, une confiance réciproque. Vis-à-vis de la télévision publique la question de la reformulation de ce bonus est aujourd’hui posée."
Mais c'est l'intégralité des chaines hertziennes qui doivent recréer ce lien.
Et elles ne le feront qu'en revenant au base : recherche, renouvellement, élargissement des modes de diffusions, et clivage plus important.
Enfin j'y connais rien.
Rédigé par : Michel | 09.07.2008 à 17H30
Bonjour,
Quelle est la difference entre la tele des annees 90 et celle d Aujourd'hui?
La creativite.
Depuis plusieurs annees, les programmes proposes par la television francaise ne sont rien d 'autre qu une pale copie des emissions australiennes americaines et anglaises. La France avait sa propre identite et exportait des programmes. Aujourd'hui dans le divertissement et surtout dans les jeux aucune mecanique ( a part votre jeux) n'a ete vu sur une chaine Pensez vous qu avec moins d argent on va plus creer ?
Merci
Rédigé par : Marc | 09.07.2008 à 17H53
Lorsque l'on compare la radio et la télévision de service publique il y a une chose qui les différencie c'est la publicité. La radio n'en diffuse pratiquement pas, ce qui lui laisse une plus grande place à la création de nouveaux programme., Elle ne cherche pas à attirer le public mais à l'intéresser, le divertir, l'informer et à le cultiver et l'amener à la réflexion avec un esprit ouvert. L'animateur n'est pas la star du programme, ill est là pour servir le programme. La télé du service publique, tel qu'elle est aujourd'hui, par les contraintes de la publicité, doit au contraire attirer le public, le retenir, le divertir et l'informer avec des méthodes qui ont fait leur preuve. On parle de formatage. L'émission n'est plus qu'un produit vendu par une star qui en prend le contrôle pour mieux retenir l'attention du public. Bien sur il existe aussi des programmes qui se rapprochent d'une idée de service publique (voir radio) mais ils restent en retrait des grands rendez-vous du "prime time". Une idée! pourquoi la télévision publique ne serait pas un label dans le divertissement, l'information, le télé-film et la connaissance pour des gens qui n'ont pas la chance d'habiter dans de grandes métropoles avec en appui des produits dérivés de qualité et une politique réelle de vente à l'international ( Modèle BBC). Ne pensez-vous pas que cela serait un challenge intéressant et motivant pour cette télévision de service publique?
Rédigé par : François | 10.07.2008 à 00H59
Refusé de se couper de programme tel que Vis ma vie c'est plutôt une bonne chose. C'est vraiment la plus mauvaise façon de donner la parole à des gens.
Dans le domaine de l'immersion, il y a Stripease ancêtre de toute la télé réalité. Cette télé réalité qui répond au besoin de s'identifier et d'évoluer à travers l'observation de l'autre. Principe vitale chez tout animal grégaire. Indispensable pour pouvoir évoluer, se sociabiliser et s'adapter. Pour ça oui le service public s'est bien planté: il s'est bêtement concentré sur la forme plutôt que le fond et ce que sous tendait vraiment la télé réalité.
Un autre ancêtre Vidéo Gag dont le concept consiste à donner la caméra aux particuliers. Qu'elle Télé ose donner la caméra aux gens ? Très peu... C'est encore touche pas t'es pas assez grand pour t'en servir !
Ce qui est sûr c'est que la bataille qui consiste à redonner la parole aux gens à été gagné en partie et pas seulement en ce qui concernent la télé. Il reste encore beaucoup à faire. Faut t'il encore que cette parole leur soient dignement donné... et certainement pas comme vis ma vie.
C'est certainement un des rôles du services publiques. Qui comme son nom l'indique est de rendre service au public en ACCES LIBRE.
Voilà pour une des facettes de la télé il y en a d'autres mais je trouve qu'il y a aussi beaucoup de choses positives notamment l'offres des dessins animée qui a permis à la France de garder un petit rôle mondiale dans ce secteur. Il a dû en falloir des efforts pour réussir cet exploit.
Rédigé par : ludovic | 10.07.2008 à 01H29
La comparaison avec Radio France est interressante et aurait peut être pu guider les travaux de la commission parlementaire dont vous faisiez partie. En effet, en ce qui concerne le groupe France Télévision, l'une de ses chaines France 3, trouve son correspondant à Radio France avec le réseau France Bleu. A une différence prés; le groupe radiophonique a compris que pour pouvoir rester vivant et damner le pion aux Radios FM naissantes, il fallait accentuer la proximité avec ses auditeurs. On arrive, du coup, à un ratio de 80% de production locale et 20% de production nationale. Pour France 3, le ratio est exactement inversé.
Il est vrai que devant votre commission, un haut responsable de France 3 a expliqué aux "sages" qu'en "région, ils n'avaient pas le niveau". Et si l'on en finissait avec les jacobinismes d'autres siècles. Et si l'on pouvait imaginer qu'un Directeur des Programmes en région pouvait mieux sentir ses téléspectateurs qu'un responsable coincé dans son bureau à Paris.
De ce refus de comparaison, France 3/France Bleue,et la négation des qualifications en province, est né une sourde inquietude qui empoisonne ses salariés. Car, ils ont compris que pour le trés faible volume d'heures qu'on leur demande de produire alors il faudra passer par un plan social.
Sont ils tous à ce point mauvais? Les équipes d'Antenne des France bleues locales reussissent, aujourd'hui c'est affirmé par tout le monde, là où les équipes de France 3 ne pourraient pas?
La production audiovisuelle existe aussi en région, et des professionnels émérites y trouvent leur place, souvent pour fuir un certain parisianisme et un fonctionnement de clans qui semble caractériser le modus opérandi parisien.
Bien à vous,
Merci de continuer à regarder de l'intérieur la télévision publique
Rédigé par : Olivia | 10.07.2008 à 15H02
Tout d'abord, bravo pour ce blog qui manquait effectivement, de surcroît dirigé par une personne qui connait parfaitement ce milieu, tenants et aboutissants.Merci à elle.
J'ose tenter sur ce blog d'apporter un oeil décalé voire rebelle avec un coup de gueule suscitant la polémique, venant d'une personne qui à travaillé depuis toujours dans les rouages de l'entertainment, la télévision n'en étant qu'un des vecteurs, il ne faut jamais l'oublier et rester humble par rapport à tout ça,c'est que d'la télé comme on dit.
Il est à constater que la télévision subit, tout comme l'industrie musicale et toutes proportions gardées, le même effet de délabrement en cours et à venir si jamais l'on n'y prend pas garde.
En effet, vu de l'intérieur, on peut constater plusieurs facteurs identiques:
D'une part, le départ de la première génération télévisuelle,qui,comme dans le disque, étaient des personnes ayant
une curiosité,un côté ludique et une envie de s'affranchir des codes faisant plaisir à voir,ce qui n'est plus le cas aujourd'hui dans ce monde télévisuel ou le tableau exel et le marketing l'ont emporté, sans parler du caractère très lisse et super consensuel voire politique des intervenants et acteurs de ces métiers,qui,au départ, étaient des métiers de passionnés avec un sens artistique développé se transformant depuis la fin des années 80 , sous l'égide sacro- sainte du dieu marketing et du jeunisme quasi obligatoire, en une assemblée de gens affublés du théorème de Peter,avec cet égo sur-dimensionné caractéristique de cette époque et je n'évoquerai pas le mensonge et l'hypocrisie pratiqué par tous,réduisant ainsi fortement l'intérêt que l'on peut porter aux personnes elles mêmes,ce qui est dommageable dans ce milieu ou la création est rarement individuelle mais plutôt pratiquée dans un esprit d'équipe, car 2 cerveaux valent mieux qu'un...quoique, juste avant, je parlais d'égo...
Attention, ce n'est heureusement pas le cas de tous car j'ai et je rencontre toujours dans ce métier des personnes '' qui valent vraiment le détour ''.
Malgré tout,il ne faut donc pas s'étonner si aujourd'hui la télévision est dans un mode transitoire,lié à cette émergence de nouveaux supports et technologies ( tout comme le disque et le cinéma.. )ce qui a pour effet de normaliser voire banaliser cet écran / fenêtre ouvert sur l'extérieur, bibelot ultime depuis 50 ans.
Il est vrai que cette période est significative:
'' tirer vers le bas '' en termes de prix toutes les étapes liées à la production, parce qu'il faut '' gratter '' partout en ne se rendant plus compte de la valeur du travail et se dire que ce qui compte, c'est de réduire les coûts devient le crédo des décideurs, stressant ainsi un peu plus le quotidien de bien des prestataires de services,qui en prime, subissent les assauts verbaux d'une population manquant singulièrement d'élégance et de consistance littéraire.
Vieux système pyramidal.......
Dans ce cadre, comment oser espérer une télévision plus digne ??
N'oublions pas qu'avant tout, la télévision est là pour nous procurer de l'émotion sous différentes formes et qu'en est il exactement?.
Parlons aujourd'hui uniquement de la TNT:
Les chaînes de la TNT sont des usines à non sens, avec de la rediffusion à tout va,des séries étrangères, des productions localisées car moins chères à mettre en place,j'en passe et des meilleures,avec la cerise sur le gâteau:
Dans le cadre de productions françaises,
un même mot d'ordre;
Tu sais, c'est la tnt, nous n'avons pas beaucoup d'argent, il faut nous aider et ne t'inquiète pas, quand ca marchera, nous ne t'oublierons pas, nous sommes fidèles
( entendu mille fois ).
Résultat ? Tout le monde fait un super effort financier pour se rendre compte par la suite que tout était faux...
Je serai donc trop gentil, trop naïf,trop çi ,trop ça ?? non, juste un être humain essayant de partager... Rendez vous compte que pour une commande de générique + les éléments associés d'émission tv sur la tnt, certaines chaînes vous proposent et vous imposent une somme de 2500€..Grandeur et décadence de la tv....Comment faire de la haute couture au prix du prêt à porter???
Je vais en rester là pour aujourd'hui,ne pensez pas que je suis amer, je suis simplement TRES réaliste et vous livre les impressions d'un petit prestataire qui travaille pour les plus grands.
Si vous voulez que cette télévision avance, je crois qu'il va falloir changer et les comportements et les mentalités de ceux qui la font en ne la regardant jamais, snobisme ultime, car le téléspectateur ne s'y trompe pas, il sent bien quand il est temps de zapper...et d'aller voir ailleurs...
Bien à vous
Rédigé par : the dome | 11.07.2008 à 10H25